Le 8 mai 2009, au Cap St Jacques, on évoquait et s'informait à propos du concile Vatican II
Le père Vincent Cabanac, assomptionniste, journaliste au Pélerin et à la documentation catholique, a répondu à nos questions sur le dernier concile et son application, ainsi que sur la médiatisation faite autour du pape Benoît XVI ces derniers mois.


Après avoir resitué le concile et ses "auteurs", il a répondu aux questions des participants.
Ces échanges se sont poursuivis au cours d'un pique-nique. Une ambiance détendue, émaillée de nombreuses anecdotes, a règné durant ce temps riche d'enseignements et de convivialité.


A la suite, voici les témoignages de deux des participants.
Jean-Etienne : voici quelques réflexions que m’a inspirées la réunion du 09 mai 2009 avec le Père Vincent Cabanac.
L’exposé devait porter sur Vatican II et je dois dire qu’au début je ne voyais pas très bien le lien entre Vatican II et les problèmes du Saint Siège avec les média.
Je ne vois toujours pas le lien mais j’ai été très intéressé par ce qui a été dit sur les synthèses trop étroites, les simplifications excessives ou les comptes-rendus hors contexte des journalistes en général.
Je pense que le P. Cabanac, en homme de communication qu’il est, a très bien analysé la situation dans laquelle le Pape s’est retrouvé et qu’il y aura au Vatican des hommes clairvoyants pour proposer au Saint Père des solutions pour éviter d’autres dérapages.
Au fond c’est l’honneur de l’Eglise de choisir son plus haut dignitaire sans tenir compte de ses qualités d’homme médiatique. Si on regarde ce qui se passe dans les partis politiques le look, le vocabulaire, le sens des symboles visuels, la démagogie bien gérée, sont des critères de sélection qui nous donnent les hommes politiques que nous connaissons.
Alors que dans l’Eglise, c’est en dernier ressort l’Esprit Saint qui guide les choix. Et, après tout, on ne peut pas demander à un universitaire brillant, théologien de haut vol d’être un tribun sachant porter les foules aux nues. Etre un homme de communication n’est pas une condition nécessaire pour assurer la succession de Pierre. Jean Paul II avait ce talent, tant mieux, mais le pape actuel doit être accepté dans ses qualités et ses défauts. (Et pourtant j’ai souvent contesté, dans le passé, certaines prises de position du Cardinal Ratzinger).
Je pense que la curie romaine est très poussiéreuse mais je crois que les derniers évènements vont provoquer une prise de conscience, car le Vatican ne manque pas d’hommes intelligents et le souffle de l’Esprit va déverrouiller certains cloisonnements.
Pourquoi les différents dicastères ne se retrouvent-ils pas en « conseil des ministres ». Le Pape aurait ainsi une vue plus large de la vie de l’Eglise.
L’Eglise est une vieille dame mais elle a montré au travers de l’histoire sa capacité à s’adapter au milieu ambiant. Un défi pour elle est d’ajuster son discours aux caractéristiques de rapidité et de réductionnisme des média modernes.
L’exposé du P. Cabanac n’a pas été vain puisque j’ai revu ma perception des évènements qui ont mis le Pape en difficulté ces dernières semaines.
Cependant j’espérais plus de développements sur la liturgie et l’œcuménisme depuis Vatican II.
Une autre fois peut-être… j’aimerais bien.
Isabelle : vendredi dernier était programmée une journée de rencontre paroissiale, avec l'intervention d'un Père Assomptionniste de St Lambert (Vincent Cabanac) sur le Concile Vatican II. Il nous a d'abord rappelé que le Concile a été décidé et annoncé par un Pape de 78 ans, qui venait d’être élu quelques mois auparavant, Jean XXIII. Quelle audace ! et quelle surprise ! Ce Concile est aujourd'hui encore pour nous une source, car il est le signe du "salut, de l'amour et de la paix, offerts par le Christ à l'humanité et confiés à l'Eglise" (c'est dans le texte d'ouverture du Concile).
Puis il nous a présenté dans une vision très large quelques grands aspects de l’histoire du Concile : comment la décision a été prise de rassembler ce Concile dans l'histoire de l’ époque, après Vatican I qui fut interrompu par la guerre de 1870, et avec ce même objectif de susciter un renouveau de l'Eglise ("Aggiornamento" était le terme employé) ; qui étaient les deux Papes qui ont mené ce Concile, et les Papes suivants qui en ont été partie prenante et ont suivi son inspiration au long de leur Pontificat, en particulier JP II de façon éminente ; quelles sont les grandes intuitions qui s'en sont dégagées.
Sur ce point le conférencier a développé principalement la mise à jour de l'Eglise face à une société « moderne »; la réconciliation avec les autres chrétiens ou l'œcuménisme ; le rapport au monde actuel, monde qui était en bouleversement après trois guerres et commençait à s'ouvrir au "reste" du monde (Afrique, Asie...) pour la première fois représenté au Concile ; la réforme nécessaire de la liturgie, comprise dans la "Tradition vivante" ; la conviction d'une indispensable liberté de conscience ... Il a aussi repris en détail les récentes affaires qui ont suscité des polémiques autour du Pape, la levée des excommunications, le drame vécu par la fillette brésilienne, et la phrase extirpée de son contexte sur le préservatif. Il a souligné combien Mgr Lefèbvre, bien qu'ayant participé au Concile et ayant signé la plupart de ses décrets, a ensuite renié certaines de ses orientations fondamentales comme l'ouverture aux autres confessions chrétiennes, la liberté de conscience, et la Tradition "vivante" qui suppose une certaine évolution avec le temps.
Parmi les signes visibles du Concile aujourd’hui, le Père Cabanac et les participants ont relevé la publication du Catéchisme de l’Eglise Catholique, le précédent datant du Concile de Trente au XVème siècle ! Un autre de ces signes était visible ce jour-là, en la personne des deux diacres de notre paroisse (le ministère du diaconat a été restauré après Vatican II.) Un autre point important pour l’évangélisation a été souligné : une nouvelle manière d’être missionnaire. Il ne s’agit plus d’imposer mais de proposer la foi. Pour respecter l’autre, on lui reconnaît la liberté d’adhérer ou non à la Vérité révélée par le Christ. On lui reconnaît aussi le droit d’inculturer cette annonce de la foi à son terreau de vie, sa culture, son histoire. Alors « de cette faiblesse apparente naît une force », et une diversité qui est source de richesses.
Comme journaliste, le P. Cabanac nous a indiqué qu'il pensait que le Pape était très en dehors de notre monde très médiatisé, qu'il était assez solitaire, et qu'il avait fait des maladresses sans s'en rendre compte, car c'est un vrai intellectuel d’une intelligence extrêmement fine, mais qui n'a pas la fibre de pasteur qu'avait JP II. Il nous a encouragés, dans nos équipes paroissiales, à nous plonger dans l'un ou l'autre texte ou commentaire du Concile, avec accompagnement, pour en chercher les fruits possibles pour aujourd'hui... du pain sur la planche !
Nous avons donc appris, réfléchi et partagé... une bonne journée. Merci au Père Vincent Cabanac, qui reviendra je l’espère, et à Peyo qui nous a proposé cette intervention.






